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- Dossier culturel -

Adélard : Mission double

Paulette Vanier

Début janvier 2018. La ville de New-York est balayée par une tempête de neige comme on en a rarement vue dans ce coin de pays. Aéroports paralysés, pannes électriques, écoles fermées, déclaration de l’état d’urgence, à croire que la Grosse Pomme est tombée dans les pommes.

Pendant ce temps, assis à un bar, deux hommes discutent tranquillement, sans sembler s’émouvoir des humeurs de la météo. Il faut dire que ce sont des Québécois et qu’ils en ont vu d’autres. Ils discutent d’art, plus précisément d’un projet en particulier, celui de créer un lieu de rencontre entre des artistes et la population dans le cadre de résidences artistiques. Un lieu hors sentiers battus — id est les grandes agglomérations où art et millions font parfois trop bon ménage — par exemple en plein cœur d’un petit village de campagne. L’idée, qui a germé dans le froid glacial de l’hiver 2018, se matérialise dans la timide chaleur du printemps 2019, sous la forme d’une grange, rénovée pour l’occasion. Son nom : Adélard, comme dans Adélard Godbout, ce grand politicien québécois qui a longtemps résidé à Frelighsburg et dont le personnage symbolise, pour Sébastien Barangé et Gérald Fillion, les initiateurs du projet, la rupture définitive avec l’élitisme en art.

La mission de l’organisme est claire : il s’agit de créer des ponts entre les citoyens et les artistes en arts visuels. De trouver le bon équilibre entre l’excellence artistique et l’accessibilité. Ce sont ces deux critères qui président au choix des artistes. « L’artiste doit comprendre que, durant son séjour de six semaines, Adélard sera ouvert au public toutes les fins de semaine et qu’il devra donc interagir avec lui, et qu’il pourra également être sollicité pour donner des ateliers dans les écoles, précise Sébastien Barangé. Il doit être capable de dialoguer avec la population. L’aspect éducatif, le lien avec le public, c’est la caractéristique forte d’Adélard. »

En contrepartie de ces exigences, l’artiste est logé confortablement durant son séjour, reçoit 2000$ pour ses six semaines de résidence ainsi qu’un cachet de 350$ lorsqu’il (ou elle) présente une activité ou un événement public.

Résidences, ateliers sur place ou dans les écoles, événements publics, expositions à l’intérieur ou à l’extérieur, sur des bâtiments et ailleurs, l’équipe qui s’est constituée autour d’Adélard fait des mains et des pieds pour répondre aux objectifs énoncés dans la mission. Composé de 13 membres, son CA se recrute dans les sphères entrepreneuriales, juridiques, artistiques, agricoles, affaires publiques, etc. Quant à son comité artistique, ce sont ses membres qui, chaque année, nomment les jurés chargés de choisir parmi les candidatures présentées, les six artistes qu’on accueillera en résidence. Il veille également au bon déroulement des activités éducatives et des médiations.

Selon Sébastien Barangé, le nombre de visiteurs augmente d’année en année. L’été 2020, ils étaient 1700. En 2021, ce chiffre est passé à 3500. On en a donc accueilli en moyenne 200 par fin de semaine. Les commerçants de Frelighsburg le remarquent aussi : nouvelle clientèle, plus jeune, plus diversifiée, qui vient parce qu’elle a entendu parler d’Adélard ou d’un des artistes qui y séjourne.

L’offre augmente également, le nombre de résidences proposées étant passé de 3 les années précédentes à 6 cette année. Ils étaient d’ailleurs 115 artistes — en provenance de l’Asie, de l’Europe, de l’Afrique, de l’Amérique du Sud —à présenter leur candidature à l’une ou l’autre des résidences de l’été.

L’hiver dernier, Adélard a également présenté des activités extra-muros à la Grammar School de Frelighsburg, la grange étant inutilisable à compter de novembre. Ainsi, tous les enfants de l’école du village ont pu participer à des ateliers d’art adaptés à leur âge. L’hiver prochain, d’autres activités seront proposées dans cet espace très fréquenté durant l’été, mais normalement vide en morte saison. Ce qui est sur le point de changer, Adélard aidant.


Programme et horaires, juin-juillet (les samedis et dimanches)

Pour en savoir plus : https://www.adelard.org/artistes-en-immersion-2022

  • Jusqu’au 9 octobre, Adélard présente également l’exposition photographique Nightlife au mont Pinacle de l’artiste Éliane Escoffier sur deux sites, soit dans le village de Frelighsburg et sur les sentiers de la Fiducie foncière du mont Pinacle (dans ce cas, les samedis et les dimanches de 12 à 16 heures).

Pour en savoir plus :

https://www.adelard.org/nouveaux-evenements/exposition-nightlife-au-mont-pinacle-eliane-excoffier.

Andrée-Anne Dupuis-Bourret : La machine paysage (2016 – 2019)
Nicolas Laverdière installant Mini-Zeitgeist (2017)
Maria Ezcurra : Oiseaux migrateurs néotropicaux (2018-2022)

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