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- Dossier culturel -

Un boulevard, 34 artistes

Une entrevue avec Louise Charlebois
Paulette Vanier

Fruit de la pandémie de COVID-19 comme bien d’autres initiatives, le Boulevard des arts s’est imposé à ses initiateurs comme un antidote contre l’ennui généralisé ayant caractérisé cette longue période de stérilité culturelle. C’est du moins ainsi que Louise Charlebois a vu la chose. Nouvellement installée à Saint-Armand et proche de Michel Guérin qui, lui, se représentait plutôt clairement le projet qu’il avait testé à petite échelle quelques années auparavant, l’organisatrice qu’elle avait toujours été se cherchait un dessein sur lequel mordre. La relance du projet proposée par son partenaire tombe donc à point nommé et, en 2021, elle se matérialise à l’occasion de trois fins de semaine au cours desquelles une vingtaine d’ateliers hébergeant 34 artistes ouvrent leurs portes au public. Lors des deux dernières fins de semaine, ce nombre passera toutefois à 31, un incendie ayant détruit l’atelier de poterie Pluriel-Singulier où exposaient trois participants.*

Le circuit tire son nom de « Boulevard » du fait que, à l’origine, il devait se concentrer essentiellement sur le Chemin de Saint-Armand, où résident de nombreux artisans et artistes. Michel Guérin et Louise Charlebois envisageaient alors de se limiter à Saint-Armand et c’est au profit des créateurs de cette municipalité qu’ils ont déposé une demande de subvention à la MRC de Brome-Missisquoi, laquelle subvention a été accordée. Les bonnes nouvelles se répandant généralement comme une traînée de poudre, des artistes des municipalités voisines ont demandé à participer au projet, si bien que le Boulevard s’est vu rallongé de quelques dizaines de kilomètres pour inclure Frelighsburg, Dunham et Stanbridge East. Cela reste tout de même symboliquement un seul boulevard, un boul’v’art, quoi.

L’expérience ayant été concluante, on a décidé de la renouveler cette année, en y apportant certaines modifications, notamment au chapitre du calendrier. En effet, plutôt que sur trois fins de semaine, l’événement s’étendra sur neuf jours consécutifs, soit du 3 au 11 septembre. Les ateliers seront ouverts de 10 à 17 heures. Leur emplacement sera indiqué par un triangle bleu, sorte de marque de commerce du circuit. Le nombre d’artistes participants est le même que celui de l’an dernier, mais quelques visages ont changé. Soulignons, notamment, le décès prématuré de Nicole Awashish, qui a bouleversé les cœurs et les projets.**

Les organisateurs ont en outre décidé de présenter une exposition collective qui se tiendra dans la splendide Grange aux livres du Clos de l’Orme Blanc, gracieuseté des propriétaires qui mettent généreusement ce local à la disposition des artistes et artisans. Le lancement de la tournée aura lieu les 27 et 28 août, tandis que l’exposition proprement dite se tiendra du 4 au 11 septembre, de 10 à 17 heures. Les centaines de livres que le bâtiment abrite côtoieront ainsi les diverses propositions artistiques. Belle rencontre entre la littérature — la grande et la petite — et les arts visuels ainsi que les métiers d’art.  En plus des 34 participants, 6 artistes émergents sur 20 candidats potentiels ont été invités à présenter une œuvre à l’exposition collective. Cette initiative du comité de sélection permet de faire connaître de nouvelles disciplines, de nouvelles approches et de nouveaux artistes qui, sait-on jamais, feront peut-être partie d’une prochaine édition.

À la question de savoir si le Boulevard pourrait prendre de l’expansion et s’étendre à d’autres villes et municipalités, Louise Charlebois répond un « non » mitigé qui pourrait se transformer en « oui » si l’organisme a un jour les moyens d’embaucher un coordonnateur en mesure d’assurer les diverses tâches qu’implique un tel événement. Pour l’heure, tout repose entre les mains bénévoles de sa directrice, qui y consacre le plus clair de son temps, et des quelques personnes qui veulent bien mettre l’épaule à la roue à l’occasion. Quant au financement, il se résume présentement à quelques commanditaires, à quelques subventions ponctuelles et à une participation financière modeste des artistes. L’organisme Festifolies, qui chapeaute le projet, lui apporte son soutien administratif, son expertise et sa notoriété, mais les budgets des deux entités sont indépendants.

Entre-temps, Louise Charlebois fait des mains et des pieds pour que le nombre de visiteurs passe de 5500 qu’il était en 2021 à 10 000 cette année, un objectif ambitieux considérant les nombreux événements proposés cet été, mais nullement inatteignable.

À noter aussi que l’équipe du Boulevard des arts souhaiterait accueillir en son sein toute personne intéressée par l’art et désireuse de s’impliquer. Invitation donc est lancée à ceux et celles qui auraient quelques (ou plusieurs) heures à offrir, entre autres choses aux habitués, hommes et femmes, du clic, du tag et de l’épingle.

Pour toute information supplémentaire, consulter le site du Boulevard des arts : https://www.leboulevarddesarts.com

* Voir à ce sujet l’article publié dans Le Saint-Armand (https://journalstarmand.com/derniere-heure-sauvons-la-poterie/)

**Voir à ce sujet l’article que Josée Blanchette a publié dans Le Devoir le 27 mai.
(https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/715863/chronique-mercure-retrograde)

 

 

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