Ce journal, dans le numéro précédent, avait annoncé une série d’entrevues avec les m aires can didats aux élections de cet automne. Nous vous présentons les deux premières, avec Réal Pelletier, maire de Saint-Armand, et Jacques Ducharme, maire de Frelighsburg.
On appréciera le contraste entre les deux types de gestion.
Réal Pelletier : gérer sans dette
Actuellement Saint-Armand opère avec un surplus budgétaire de 200 000 $. S’y ajouteront 300 000 $ dès que les paliers supérieurs de gouvernement auront versé les indemnités pour les frais exceptionnels encourus lors de l’inondation de 2011. Que fera Réal Pelletier, le maire de Saint-Armand, avec un demi-million ?
« Nous allons conserver cet argent pour repaver certains chemins. Et nous allons en garder en réserve pour le remplacement éventuel des véhicules de la municipalité. »
C’est, en résumé, toute l’approche de M. Pelletier, en ce qui concerne la gestion municipale : pas de dette et, autant que possible, effectuer les tâches soi-même plutôt que d’être à la merci des sous-traitants. L’enlèvement de la neige et des rebuts, les travaux d’aqueduc et d’excavation, tout se fait par des employés municipaux.
« On ne peut pas parler de collusion ou de corruption par des fournisseurs, nous faisons tout nous-mêmes, sauf pour le gravier pour les chemins, qu’il faut bien acheter quelque part. »
Démographie stable
On ne peut parler de dévitalisation à Saint-Armand.
La population, selon Réal Pelletier, a augmenté de 7 % de 2006 à 2011, passant de 1166 citoyens à 1248. Cela comble à peu près les pertes de 9 % enregistrées entre le moment de la fusion et 2006. Et, toujours selon le maire, les nouveaux arrivants sont de jeunes familles. Bonne chose parce que sur 1248 villageois, 715 ont plus de 40 ans.
« C’est important parce que notre école est à la limite minimale de son occupation », constate le maire. La fermeture de cette école serait une catastrophe pour la communauté. Saint-Armand a déjà perdu son comptoir de Caisse Populaire et le moindre recul dans la prestation de certains services rendrait le village moins attrayant pour les éventuels nouveaux arrivants.
Que propose Réal Pelletier pour attirer davantage de ces valeureux pionniers ? Fondamentalement, un compte de taxes stable ou même en légère baisse. Et un milieu qui vit selon ses moyens. C’est-à-dire une cueillette des ordures ménagères deux fois par mois, 8 mois sur 12. Quant aux déchets encombrants, on ne les ramasse plus. Le citoyen doit aller les porter lui-même au centre de tri de Bedford, voisin du garage municipal. Le centre est ouvert une fois par mois.
« Nous avions un problème avec le ramassage des gros rebuts, souligne M. Pelletier. Des gens exagéraient. Il est clair que certains avisaient des gens des autres municipalités de venir se départir d’objets encombrants chez-nous. Quatre sofas dans la même cour, c’est beaucoup ! »
Tourisme
Les beautés du village (ici, le journaliste ne parle pas des citoyennes, malgré sa discrète admiration pour elles) attirent déjà bien des visiteurs, surtout l’été. Réal Pelletier avait le projet d’établir un poste d’information touristique tout près des douanes, dans le secteur Philipsburg.
« C’est tombé à l’eau, déplore le maire. La prolongation de l’autoroute 35 est remise en question par le gouvernement péquiste, et Transports Québec a même démoli l’édifice que je souhaitais utiliser pour loger le bureau d’information touristique. Toute la démarche entreprise depuis deux ou trois ans a déraillé cette année. »
Avec un demi-million en caisse, ne pourrait-on pas faire ce bureau soi-même ? « J’y pense mais si ce poste doit voir le jour, il desservira toute la région, de Pike River à Dunham et de Philipsburg à Frelighsburg. Il me faut donc l’appui financier de la MRC. Je ne peux pas payer tout seul ce qui sera, en fait, un service régional. »
Bilan
Réal Pelletier gère serré. Le compte de taxes des Armandois n’en respire que mieux. Mais une population vieillissante et une démographie en dents de scie menacent la survie de certains points très sensibles. Il manque une stratégie de regain. Saint-Armand a un demi-million en réserve pour l’appliquer. Mais il est réservé pour le pavage et les véhicules municipaux.