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- Culture -

Quand les potiers vont à l’école !

La culture à l’école
Jean-Pierre Fourez

Murale de l’Eau (photo : Michel Viala)

Régulièrement, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport fait l’objet de violentes critiques à propos de réformes boiteuses, de financement mal géré ou de programmes ineptes. C’est un fait ! Soyons indulgents car il existe cependant (et heureusement) quelques petits bijoux de programmes qui ont fait leurs preuves et qu’il faudrait conserver, bonifier et multiplier.

Un de ces programmes, « La culture à l’école », a été créé dans le but de soutenir des projets à caractère artistique et culturel en milieu scolaire. Il offre une aide financière aux enseignant(e)s et aux directions d’écoles dont les budgets pour ce genre d’activités sont souvent très minces, sinon inexistants.

L’idée maitresse de ce programme est de mettre en contact les élèves avec des artistes, des écrivains et des professionnels de la culture pour leur permettre de découvrir, par l’expérience, la démarche créatrice à l’origine d’une œuvre. Le Répertoire de ressources culture-éducation compte 1700 artistes, écrivains et organismes prêts à partager leur art, leurs techniques et leur passion. Les écoles doivent présenter leur projet avec l’artiste de leur choix au début de l’automne pour avoir le temps de mettre en place et organiser ces rencontres qui pourront prendre une multitude de formes : visites d’ateliers, sorties, spectacles et expérimentation concrète. Les élèves sont invités à jouer un rôle actif, histoire de les rendre attentifs à la vie culturelle et d’éveiller leur sens critique et esthétique.

L’école Butler rencontre l’atelier Singulier Pluriel

C’est à travers ce programme que l’école Butler de Bedford a demandé à Sara Mills et Michel Viala, les céramistes bien connus de Pigeon-Hill, de créer ensemble une murale sur le thème de l’environnement. En 2011 Michel et Sara avaient été invités à animer un atelier de poterie à Nemaska, où des enfants cris avaient découvert avec émerveillement le processus du travail de l’argile. Durant cette année scolaire 2011-2012, les potiers ont réitéré leur expérience à la baie James et ont eu de nombreuses demandes de collaboration. Ils sont allés dans plusieurs écoles de la région (Farnham, Sutton, Cowansville,Waterloo, Saint-Jean-sur-Richelieu).  Précisons que le gouvernement du Québec, en partenariat avec la commission scolaire, rétribue l’artiste invité et assume les frais de déplacement et d’hébergement.

L’école Butler a donc fait appel à Michel et Sara pour les guider dans la création de trois murales de céramique représentant trois éléments : l’eau, la terre et l’air.  Durant trois jours, fin mars, les 165 élèves ont transformé leur école en une ruche bourdonnante afin de mettre au monde une œuvre collective faite de petits morceaux créés par chacun. Tous les élèves, de la prématernelle à la 7e année, tenaient à avoir leur marque dans cette œuvre.

La murale de l’Eau a été confiée aux petits. La Terre a été imaginée par les 3e, 4e et 5e années, et enfin, celle de l’Air a été réalisée par les 5e, 6e et 7e années. Le déroulement des opérations a été mené rondement et de façon précise afin que l’expérience soit un succès. En effet, il n’était pas simple pour les enfants de concevoir la murale terminée à partir de l’idée dessinée sur papier et de l’imaginer matérialisée dans l’argile… et tout cela en tenant compte des contraintes du format et des coloris.

Pendant quelques heures, les enfants ont pénétré avec émerveillement dans le monde de l’argile et du feu, tandis que Michel et Sara savouraient la joie d’initier ce petit monde à leur art plusieurs fois millénaire. Sur le plan technique, le défi était de taille : il a fallu transporter tous les morceaux du puzzle depuis l’école jusqu’au four de Pigeon-Hill puis les rapporter sans les briser ni modifier leur ordre. L’expérience a également été très riche sur le plan pédagogique : tout en s’initiant à de nouvelles techniques, les élèves devaient non seulement intégrer un vocabulaire nouveau (barbotine, engobes colorées, glaçures, etc.), mais aussi apprendre qu’une œuvre collective passe par le respect de son voisin et qu’elle est bien plus belle quand elle se fait dans le plaisir et l’excitation créatrice.

Les trois murales doivent être montées et exposées à la rentrée scolaire mais elles font, d’ores et déjà, la fierté de l’école Butler. Dans 20 ans peut-être, un enfant devenu grand contemplera cette œuvre et, retrouvant SON carreau, se rappellera cette belle aventure !

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