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- Immigrants d'ici -

Mariana Wall Cerecedo

Troisième génération d’une famille de batailleurs
Nathalia Guerrero Vélez

Née au Mexique en 2003 et arrivée au Québec à l’âge de quatre ans, Mariana Wall Cerecedo fait partie d’une famille de batailleurs qui s’est installée au Québec il y a une quinzaine d’années.

Vue à travers les yeux d’une jeune femme déterminée à aller très loin et à se rendre utile à la société, l’histoire courageuse de sa famille prend tout son sens. « Je veux devenir médecin pour aider beaucoup de gens et aussi pour faciliter la compréhension de la maladie (pour le moment inconnue) qui afflige ma grand-mère » confie-t-elle.

À sa naissance, ses grands-parents, Victor et Ariagna, étaient vétérinaires dans la ville de Leon (province de Guanajuato). « Ma mère m’a eue très jeune, poursuit-elle, et elle était célibataire ; ce sont mes grands-parents qui m’ont prise en charge. » À l’époque, la situation politique et sociale au Mexique était très difficile si bien que la famille a dû demander l’asile politique au Canada. (Soulignons que, pour l’obtenir, l’immigrant doit faire la preuve que sa vie est menacée selon les critères établis dans les conventions de Genève de 1949.)

Victor, Ariagna, leurs enfants, Shanty et Victor, ainsi que leurs petits-enfants, Mariana et Adrian, sont donc arrivés à Laval en 2007. « Mes grands-parents ont quitté rapidement le Mexique, quelques mois avant nous. C’était l’hiver et ils n’étaient pas du tout prêts ! Ils ne parlaient pas français et ils ne savaient pas où aller, où trouver du travail, ça été très dur ce premier nouveau départ », raconte la jeune femme. Issus de familles à faible revenu, ils avaient travaillé très fort au Mexique pour compléter leurs études universitaires et devenir vétérinaires. Ils n’avaient jamais imaginé que, une fois arrivés au Québec, ils n’allaient plus jamais exercer leur métier. « Cela a été un coup très dur pour eux » ajoute la jeune étudiante de 19 ans qui, pour l’heure, habite avec toute sa famille à Saint-Alphonse de Granby. Du moins jusqu’à l’année prochaine, quand l’université exigera sa présence physique en classe.

Comme la plupart des immigrants, les grands parents de Mariana ont accepté le premier boulot qu’on leur offrait puisque, de toutes façons, ils ne pouvaient pas faire reconnaître leur expérience ou leurs acquis ; ils devaient impérativement pourvoir aux besoins de la famille. Ils ont aussi appris le français, langue qu’ils maîtrisent parfaitement aujourd’hui. À l’époque, leur fils Victor, l’oncle de Mariana, est entré à l’école secondaire, tandis que sa mère, Shanty, s’occupait d’elle et de son frère.

« Nos premières années ici ont été très difficiles, évoque Mariana avec tristesse. Mes grands-parents et mon oncle ont vécu beaucoup de discrimination et subi des mauvais traitements à cause de leur origine mexicaine. Au travail, on leur imposait les tâches les plus difficiles. C’étaient des emplois mal rémunérés qui suffisaient à peine à combler nos besoins. Ainsi, on ne pouvait pas acheter de cadeaux à Noël. Il nous arrivait aussi de consommer des aliments périmés que nous recevions des banques alimentaires. »

Après avoir vécu un temps à Saint-Jean, la famille s’est installée Granby. Le grand-père a trouvé un emploi comme opérateur de chariot élévateur alors que la grand-mère a dû cesser de travailler en raison de problèmes de santé.

Après avoir connu des moments difficiles, l’oncle Victor s’est inscrit à des cours de karaté, ce qui s’est avéré transformateur pour lui. Il a aussi agi comme intervenant bénévole auprès des élèves des écoles secondaires de Granby, les prévenant tout particulièrement contre les risques liés à la consommation de drogues et d’alcool. Comme il souhaitait étudier à l’université d’Ottawa, il a travaillé dur pour se préparer et passer les examens requis. Non seulement a-t-il été finalement accepté au programme de gestion internationale, mais il est aussi récipiendaire d’une bourse d’excellence, ce qui lui permettra, l’an prochain, de faire un premier stage à Berlin.

Pour sa part, Shanty a eu un troisième enfant, Sasha, et elle travaille désormais comme acheteuse pour une entreprise de meubles de la région.

Mariana a certes eu des modèles exemplaires de personnes qui se battent contre vents et marées pour réussir et elle est décidée à suivre leur exemple. Elle a complété le programme de sport-études en natation à Massey Vanier et, en cours de route, a été engagée comme animatrice par l’équipe de natation de Cowansville. Son dévouement lui a permis de monter en grade, si bien que, l’été dernier, c’est le poste de co-coordonnatrice du camp d’été de natation qu’elle a occupé. En outre, elle vient d’entreprendre sa première année du baccalauréat en sciences de la santé. « Je veux rester au Canada car j’aime beaucoup la culture et les gens d’ici ; mais j’adore parler espagnol et mes grands-parents m’ont appris à être fière de ma culture d’origine », explique-t-elle, se disant aussi très reconnaissante envers sa famille pour avoir eu la possibilité de vivre et de grandir ici. Elle est devenue à son tour un modèle pour sa génération ainsi que pour les plus jeunes. Sa force, son expérience et sa persévérance sont les outils dont elle a besoin pour réaliser ses rêves !

 

 

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