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Marek Latzmann documente le réel, de la Tchécoslovaquie au Québec

Tali

Marek en pleine création

Quel est le chemin que tu as pris pour te rendre ici ?

J’ai 52 ans et je fais de l’art depuis 40 ans. J’ai commencé à dessiner à l’âge de 12 ans. Au collège, après 4 ans d’études à Brno (République tchèque), j’ai obtenu mon diplôme en « design industriel ». Mais à cause du manque d’emploi dans ce domaine, j’ai travaillé pendant six ans à l’Institut d’anthropologie, comme technicien d’exposition. Quand une exposition arrivait à moitié complète, je remplissais les murs. J’ai ensuite travaillé comme « draftsman » pour les archéologues. Je dessinais les sites de fouilles et chaque os qu’on y trouvait.

J’ai levé l’ancre vers le Québec en 1989, à l’âge de 28 ans. J’aimais les dinosaures, et je voulais travailler dans les grands musées canadiens à en faire des sculptures. Mais je ne connaissais pas la réalité : il y avait plein de jeunes comme moi qui faisaient ce travail. Alors j’ai commencé à faire de l’artisanat, des choses en bois, en polymère. J’ai fait les salons, à Sutton, à la Foire de Brome, à Ayer’s Cliff. J’ai fait le salon One Of A Kind à Toronto au printemps et à Noël, de 1990 à 2000.

Sculpture sur pierre, juin 2011

Au début c’était frustrant. Je vendais des sculptures en bois flotté. Chaque pièce était originale, mais je n’étais pas capable de les vendre assez cher, alors j’ai commencé à faire des petits objets moins chers, de la gravure, des bols en bois sculpté. J’ai vu que c’était plus intéressant, alors j’ai commencé à vendre des petites épinglettes en pâte polymère, en gros, aux États-Unis.

Je me suis marié, j’ai eu une famille et un commerce familial (dans l’alimentation). Je croyais que ça allait me permettre d’avoir plus de temps pour faire de la sculpture mais c’était l’inverse. Ça m’a fait réaliser que ça vaut la peine de poursuivre son art, qu’on n’a pas beaucoup de temps pour le faire et que, si on l’emploie à faire autre chose, on ne se rend nulle part. C’est difficile d’en vivre, mais si je ne le fais pas, je vais rester médiocre.

Je suis un artiste figuratif et naturaliste. Je ne prétends pas faire de la création, car on est toujours en fusion avec la nature : je l’observe et je l’interprète. Je fais de l’art fonctionnel, mais je crois que tout art est fonctionnel : un tableau peut décorer une pièce ou montrer la pensée du propriétaire ; c’est fonctionnel dans les deux cas. Je suis un artiste pratiquant : puisque je ne peux pas m’offrir le luxe de ne faire qu’une seule chose, je fais de la sculpture, de la peinture, du dessin, des estampes, selon les besoins des clients. Chaque matériau a son langage expressif, il faut savoir l’ajuster à son travail. Je crois qu’il faut prendre le temps d’absorber l’expérience de la vie, l’essence de l’art.

J’aborde des sujets qui sont faciles à comprendre pour les gens. Il me semble que, dans l’art contemporain, le côté intellectuel pèse plus lourd que le côté artistique, ce qui fait que seulement quelques initiés en comprennent le langage, et que les autres sont laissés pour compte.

Pour ma part, je travaille avec l’émotion plutôt qu’avec l’intellect. Ça me demande beaucoup de discipline et beaucoup de force, mais je crois que c’est faisable… et que c’est même nécessaire. Au fond, je suis plus artiste qu’entrepreneur ou marchand.

Marek vous montrera son travail dans son atelier à Sutton, sur rendez-vous (450-538-0358).

Un artiste polyvalent

 

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