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La seigneurie de Saint-Armand (1)

Par Charles Lussier

René-Nicholas Levasseur  Collection Centre d’archives de Québec  P1000, 54, PL 120

À l’est de la baie Missisquoi, les premières activités humaines d’importance pendant le régime français sont associées à la qualité exceptionnelle des forêts du territoire missisquoien.

À l’été 1732, l’arpenteur Anger vient au lac Champlain pour dresser une carte des seigneuries et des terres qui l’entourent. Il y observe dans la profondeur des terres du lac, des chesnières d’une étendue considérable. Dans une lettre à Maurepas, ministre de la Marine et des Colonies, le gouverneur Beauharnois et l’intendant Hocquart suggèrent d’y envoyer un maître des eaux et forêts pour marquer ce bois de chêne abondant et de qualité pour la construction de vaisseaux. L’année suivante, l’intendant Hocquart envoie Médard Valette de Chevigny, écrivain ordinaire de la Marine, David Corbin, maître charpentier du roi, Germain Langlois, Jean Mandeville, habitans de Sorelle, et deux autres charpentiers marquer les arbres pour la construction de vaisseaux.

Le 6 novembre 1733, le groupe entre dans une des branches du delta de la rivière Michiscouy. On y remarque des chênes blancs de chaque côté. Ils atteignent la grande rivière Michiscouy pour la remonter jusqu’à un désert sauvage à deux lieues dans la profondeur (ce qui veut dire : un lieu défriché par les Sauvages, situé à environ 8 km en amont de la rivière). Dans ce secteur, on note une bonne abondance de chênes sur un terrain un peu plus élevé. On l’estime à quarante mille pieds d’arbres de chêne. On évalue que les pièces de bois de chêne rouge ne sont pas d’aussi bonne qualité que celles de chêne blanc.

Ces arbres pourraient servir à faire des moyens batimens (vaisseaux de taille moyenne), du bordage (poutres et charpentes) et des pièces droites. Le 9 novembre, ils arrivent à la rivière du Brochet pour la remonter sur une lieue de haut. Ils y observent quelques chênes blancs clairsemés dans une lisière d’environ deux arpents de large. Par la suite Hocquart multiplie les excursions au lac Champlain et le long de ses principaux affluents.

Arrivé à Québec le 7 août 1739, René-Nicholas Levasseur est constructeur des vaisseaux du roi et responsable de l’approvisionnement en bois de mâtures et de bordages. Dès 1740, il se rend dans la région du lac Champlain pour évaluer la qualité des bois et y découvrir de nouvelles terres d’intérêt pour l’exploitation forestière liée à la construction de vaisseaux. À partir de ce voyage, René-Nicholas Levasseur sera appelé à venir souvent au lac Champlain.

Sources :

David Corbin, M. V. de Chevigny et A. Serindac. Procès-verbal des visites des bois, Centre des archives d’outre-mer (France), 1733, 24 p.

Société d’Histoire et de Patrimoine de Frelighsburg. Frelighsburg d’hier à aujourd’hui, Éd. Louis Bilodeau & fils Ltée, 2006, 472 p.

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