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- Des êtres et des herbes

La grippe A/H1N1 en feuilleton (3)

Annie Rouleau

Le sureau

Se soigner est un art. Probablement une danse. Un mouvement très lent, très doux. Langoureux. Un solo, empreint d’humilité, d’amour et de lâcher-prise. L’expérience permet de raffiner les gestes.

Dans les deux premiers épisodes du présent feuilleton, il fut question de prévention et de traitement de l’infection, avec quelques plantes et produits aidants. Je souligne à nouveau l’importance de la prévention. Se laver les mains est un départ, mais préparer son corps peut faire toute la différence. Des plantes toniques soutenant les mécanismes naturels de défense de l’organisme peuvent être prises durant toute la saison grippale. Dans le premier article, je vous parlais du reishi, champignon infiniment renommé en Chine et ailleurs, grand tonique immunitaire et adaptogène. Celui-ci est plus que recommandé.

L’échinacée aussi est efficace. Il est cependant important de l’utiliser dans les règles de l’art, c’est-à-dire pour des périodes courtes de deux ou trois semaines, et surtout, l’introduire aux premiers « hum hum », à la première minicourbature, ou quand l’entourage immédiat est malade. L’échinacée est un stimulant immunitaire de surface. La plante active les lymphocytes T, puis toute la cascade immunitaire. Par contre, une fois les troupes moléculaires dépêchées, elle est moins nécessaire.

La liste des plantes antivirales est longue. Il est clair que les organismes végétaux développent des composés chimiques capables de les protéger eux-mêmes d’éventuelles infections. Nous bénéficions par la bande de ces trésors phytochimiques. Le sureau, Sambucus canadensis, est l’un de mes préférés. Ses fruits, presque noirs, sont bourrés d’anthocyanine et d’autres flavonoïdes. Ces molécules sont pour leur effet antioxydant, donc bénéfique pour l’intégrité de chaque cellule. Il se trouve qu’elles sont aussi antivirales, inhibant la multiplication des virus. À cela s’ajoutent les éléments suivants : le sureau aide à diminuer la production de mucus et à faire aboutir la fièvre en favorisant l’ouverture des pores. Le Sambucus canadensis pousse librement dans nos contrées. La récolte des fruits se fait à la fin de l’été et le séchage est particulièrement facile à réussir. On les trouve aussi dans la plupart des magasins de produits naturels qui offrent des plantes séchées en vrac. De même, des extraits liquides de la plante sont disponibles, comme le Sinafect® de St-Francis Herb Farm. Il est vendu comme spécifique aux sinusites mais son action va bien au-delà.

Une autre plante antivirale particulièrement efficace, utilisée pour ses huiles essentielles, le ravintsare, Cinnamomun camphora. Comme toutes les huiles essentielles, il est important d’y aller doucement autour du nez et des yeux. L’application cutanée de quelques gouttes de ravintsare non diluées en certains points spécifiques allègera et écourtera considérablement une grippe : de la nuque aux omoplates des deux côtés de la colonne, sur le sternum, sous les pieds, sur l’intérieur des poignets. L’usage interne est aussi possible, bien que parfois déconseillé. Je préciserais, quant à cette recommandation, qu’une goutte dans un peu de miel fait un extraordinaire travail d’adoucissement et d’aseptisation sur une gorge enflammée. Les écoles de pensée en santé naturelle sont nombreuses, je répète que l’expérience permet de raffiner les gestes, les choix.

Une recette, en terminant.

Sirop de sureau

Un litre d’eau
Cinq grosses cuillérées à table de baies de sureau séchées.
Mijoter le tout durant une petite heure, après quoi vous ajouterez cinq cuillérées à table de fleurs de sureau séchées que vous laisserez infuser une quinzaine de minutes.
Filtrer ensuite, puis remettre à chauffer tout doucement pour réduire au moins de moitié.
Refroidir, et ajouter du miel, au goût.
Conserver au frigo et consommer sans modération au moindre signe d’attaque virale !

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