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- Des questions à (se) poser -

Des questions à (se) poser

Penser à demain
Christian Guay-Poliquin

Tout est question d’attitude, dit-on. Rien n’est à l’épreuve de celui ou celle qui reste positif et bienveillant. Ce n’est qu’en s’activant, paraît-il, que l’on peut faire bouger la Providence. D’accord, peut-être, mais que se passe-t-il quand on s’arrête enfin un moment et qu’on regarde autour de soi ?

Politiques internationales, privilèges économiques, iniquités sociales, changements climatiques, les sujets auxquels s’attarder sont nombreux. Mais plus encore, ils forment une liste qui ne cesse de s’allonger. Météo chamboulée, pollution, spéculation immobilière, monoculture, absence de relève, les grands enjeux nous touchent de près, qu’on le veuille ou non.

Alors comment ne pas se sentir impuissant, voire ridicule, devant l’ampleur de tous ces problèmes ? Comment ne pas succomber à l’atterrement, d’une part, et ne pas s’enfermer dans le déni, d’autre part ? Oui, il faut rester proactif. Mais cela ne suffit pas. Il faut désormais démêler les actions qu’on peut répéter de celles qu’on doit proscrire et réinventer. Rien de moins évident…

Au début des années 2000, mon cousin était en 6e année. À l’école, le professeur avait donné un atelier sur le réchauffement climatique, sur ses conséquences possibles et sur les comportements à adopter. Malgré l’optimisme de la présentation, mon cousin est débarqué de l’autobus scolaire quelque peu confus. Du haut de ses douze ans, il commençait à comprendre que quelque chose avait été rompu dans la continuité de l’expérience humaine. Quoi ? Difficile de le dire exactement. Mais ce qui était certain, c’est que tout ne s’arrangerait pas d’un coup, comme par magie. Cette semaine-là, aux prises avec ses réflexions, il fit son entrée dans le monde des adultes et connut ses premières nuits blanches.

Tout porte à croire que l’avenir n’est plus porteur des mêmes promesses. En fait, non seulement les rêves des générations passées deviennent progressivement caducs, mais nos lendemains éveillent désormais plus de craintes que d’espérances. On pense donc à l’environnement plutôt qu’à l’indépendance du Québec, au déclin des régions plus qu’à la société des loisirs, aux impératifs éthiques au lieu du profit immédiat. Mais bon. Pas facile de démêler tout ça. Entre avenir individuel et destin collectif, l’histoire nous apprend qu’il y a un gouffre. Ainsi, comme se questionnait déjà Emmanuel Kant au XVIIIe siècle : « Que nous est-il permis d’espérer ? »

En entrevue radiophonique à Radio-Canada l’automne dernier, Louis Hamelin devait répondre au questionnaire de Marie-Louise Arsenault dans le cadre de l’émission Plus on est de fous, plus on lit. « Êtes-vous optimiste ou pessimiste quant à l’avenir ? » Après une certaine hésitation, l’écrivain a répondu : « J’ai des enfants, alors je n’ai pas le choix : optimiste. » D’une façon ou d’une autre, il vaut mieux se convaincre que ça va aller si on veut se remettre à l’ouvrage, n’est-ce pas ?  L’optimisme, comme le suggère Louis Hamelin, c’est peut-être d’avoir d’abord le courage de se retrousser les manches…

 

  1. «… avoir d’abord le courage de se retrousser les manches… »

    La vraie conclusion de ton article, mon cher Christian, est dans les points de suspension sur lesquels s’achève ta réflexion. Tu aurais pu ajouter : « Mais, par où commencer? » Je sens que tu as retenu tes doigts sur le clavier pour ne pas le faire, surtout après avoir écrit juste avant que « nos lendemains éveillent désormais plus de craintes que d’espérances ».

    Certains, ailleurs, ont osé et osent encore des propositions audacieuses. Je pense à Paul Jorion (Vers un nouveau monde), à Thomas Berry (The Great Work) et même à François (Laudato si), notre pauvre pape, et beaucoup d’autres que tu pourrais citer aussi bien que moi.

    Peut-être pourrions-nous tout simplement commencer ou poursuivre ici, en Armandie, en nous impliquant modestement mais collectivement via le journal dans des causes bien locales, des causes qui ont couleur d’espérance?

    Bon courage1

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