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Catastrophe : le ras-le-bol du lac Champlain

Guy Paquin

Photo : Monique Dupuis

Samedi 23 avril

Réal Pelletier assiste à un encan au Vermont quand il reçoit de son bureau un appel inquiet : le lac Champlain monte dangereusement suite aux longues journées de pluie qui se sont succédées. Pire, un fort vent du secteur ouest pousse les vagues vers Philipsburg. Le maire de Saint-Armand revient précipitamment chez nous. « On a empilé des sacs de sable en vitesse là où ça semblait s’imposer le plus », se souvient-il. On bricole quelques remparts, puis on attend.

Jeudi 28 avril

La rivière de la Roche à Saint-Armand atteint un débit affolant : 19,6 mètres cubes à la seconde, elle qui ne se permet même pas un demi-mètre d’ordinaire. La petite rivière se prend pour un torrent de montagne et déborde sans vergogne. On doit fermer le chemin Saint-Armand à la hauteur du pont du village qui est submergé.

Vendredi 29 avril

La pluie a cessé mais le vent ne veut pas mollir. De fortes vagues charriant des débris baignent la rue Champlain. Quelques branches, quelques troncs, spectacle incongru dans les parterres et le long du rivage. Mais bon, rien de terrible.

Lundi 2 mai

Il pleut, fort. Les stations météo du Vermont annoncent une semaine de pluies surabondantes et Environnement Canada n’est pas plus encourageant. Le vent est encore de la partie. Le lac Champlain ne se contente plus de faire un gentil clapotis sur les roches du rivage. Ce sont des lames rageuses qui se succèdent sous une averse drue.

« Toutes nos stations qui mesurent les niveaux et les débits des cours et plans d’eau affichaient complet », nous raconte Yvan Leroux, directeur régional de la Sécurité civile du Québec pour la Montérégie et les Cantons de l’est. « Des niveaux record partout ! On mesure à Lacolle depuis 140 ans. Eh bien, on a pulvérisé toutes ces mesures historiques dans la semaine du 2 mai. »

Voyons cela. Le 4 mai, à 13 heures, la rivière aux Brochets atteint un débit de 113 mètres cubes seconde au pont couvert de Notre-Dame-de-Stanbridge. Elle qui va tranquillos d’ordinaire, un modeste 7 mètres cubes seconde.

Illustration : Jean-Pierre Fourez

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